Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 16:31

Bonjour à tous.

 

Il y a quelques temps, je vous avais proposé une première vidéo mettant en avant la suite de Lego Batman. Je vous présente maintenant une nouvelle bande-annonce, en français, permettant de voir d'autres images et de découvrir d'autres personnages de ce nouveau jeu, qui sortira le 21 juin 2012.

 

http://www.comicsplace.net/wp-content/uploads/2012/03/lego-batman-2.png

 

 

 

En plus de Batman et Robin, nous pourrons jouer Wonder Woman, Flash, Green Lantern, Superman avec plusieurs costumes différents. Ces personnages affronteront les vilains classiques de Batman (Joker, Poison Ivy, Catwoman, Bane...) et quelques autres (Lex Luthor, déjà).

Le jeu comportera toujours l'humour inhérent à la franchise Lego, mais je m'avoue assez troublé par l'incorporation de voix chez les personnages : ceux-ci étaient très intéressants et drôles avec quelques expressions et quelques bruits comme moyen de communication, et ça me suffisait amplement ! J'espère que cette envie de leur donner des dialogues et des intonations "normales" ne nuira pas à l'ambiance du jeu.

 

Au fait, pour les curieux, je tiens à mettre en avant ma dernière nouvelle de Science-Fiction, Contrôles, et surtout mon C.V. artistique mis à jour. N'hésitez pas !

 

A bientôt !

 

Par BenT - Publié dans : News BD/cinéma/culturelles
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Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 15:37

Bonjour à tous.

 

Ce blog, L'imaginarium de Ben Wawe, a été créé à l'origine pour publier mes nouvelles, mes récits et les bande-dessinées que je scénarise. S'il s'est peu à peu développé, incorporant des articles portant sur des nouvelles insolites, des nouvelles culturelles, des critiques, des billets plus poussés, il demeure ma plateforme principale pour mes projets artistiques.

 

Pour parfaire le blog, je poste donc ici mon C.V. artistique, que je mettrais régulièrement à jour selon les évolutions de mes projets.

 

Nom : Ben Wawe.

 

Date de naissance : 11/02/1987.

 

Contact : benjamin.thomas7@hotmail.fr

 

Description : Je suis un écrivain et scénariste de bande-dessinées, spécialisé dans les thèmes Science-Fiction, Horreur, Fantasy et Comics. J'ai régulièrement travaillé avec quelques dessinateurs et je suis en train de transformer mes projets pour les rendre plus ambitieux et professionnels. Voici la liste de mes publications et de mes oeuvres notables pour comprendre au mieux mon acitivité et mes influences.

 

Publications :

 

Décembre 2011 : Les Plumes de Buzz III - Thème Fantasy

Nouvelle Le dernier des chevaliers, illustration de Laurent Sieurac.

 

Septembre 2011 : Ganesha n°1 - Thème Horreur

Scénario de L'homme monstre, dessins d'Alexandre Bussutil.

 

Décembre 2010 : Les Plumes de Buzz II - Thème Steampunk

Nouvelle For Queen & Country, illustration de Hob.

Interview en décembre 2010 sur uchronies.com

 

Septembre 2009 : Les Plumes de Buzz - Thème Horreur

Nouvelle Jeu, Nature et Découverte, illustration de Fred Grivaud.

 

Juin 2009 : 2016 n°6

Nouvelle La faim (thème: zombie VS loup-garou).

 

Février 2009 : 2016 n°2

Nouvelle Gabrielle & Pete, illustration de Fred Grivaud.

 

Janvier 2009 : 2016 n°1

Nouvelle La Veillée, illustration de Hob.

 

Travaux notables :

 

Mai 2012 : Contrôles (nouvelle de Science-Fiction sur les émotions).

 

Juillet 2011 : La vie en jeu (nouvelle rémunérée sur le thème du poker).

 

Novembre 2011 : Le dernier pas (nouvelle sur la conquête spatiale).

 

Mai 2011 : Le Solitaire & Solidaire (nouvelles Heroic-Fantasy).

 

Novembre 2010 : Un petit coin de paradis (nouvelle sur le thème de l'horreur et du fantastique).

 

Mai 2010 : Je (nouvelle sur une société communautariste à l'extrême).

 

Février 2010 : Le pari (nouvelle de science-fiction sur la chance et le hasard).

 

Janvier 2010 : Le grain de sable (création de Lord Corlatius, futur personnage récurrent).

 

Janvier 2009 : Sames (nouvelle de Science-Fiction sur les jeux communautaires).

 

Mars 2008 : Chérie (nouvelle sur le deuil).

 

Septembre 2007 : Paradis perdu (première nouvelle de Science-Fiction).

 

2004-2010 : Urban Comics (forum de fan-fictions, co-création d'un univers partagé, rédaction de plus de 200 nouvelles, gestion éditoriale d'une vingtaine d'auteurs).

 

 

Les nouveautés seront ajoutées au fil de leur arrivée.

A très bientôt j'espère.

Par BenT - Publié dans : Qui suis-je ?
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Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 22:12

Bonjour à tous.

 

Quand j'ai ouvert ce blog en 2010, il avait pour unique vocation d'être une plateforme de publication de mes nouvelles, bande-dessinées et autres tentatives littéraires. Au fil du temps, j'ai diversifié son activité pour mettre en avant des éléments qui m'intéressent : la bande-dessinée, le cinéma, les jeux vidéos, les informations insolites, les critiques littéraires, etc. Peu à peu, même, ces activités annexes ont pris le pas sur mon activité d'écrivain, et rares sont devenus les billets traitant du sujet original du blog.

 

Cependant, aujourd'hui, je reviens à mes premiers amours en vous proposant une nouvelle, qui plus est une nouvelle de science-fiction.

Depuis toujours, ce genre littéraire m'a intéressé et passionné, et j'ai l'impression que mes meilleures nouvelles ont été rédigées dans cet espace. J'espère que ce nouvel opus en fera partie, mais les premiers échos sont positifs.

 

Petit élément intéressant : prenant enfin mon courage à deux mains, j'ai décidé de préparer un recueil de nouvelles spécialisé sur la science-fiction. Pour ce faire, je vais peu à peu retravailler mes meilleures histoires pour créer un univers cohérent. Pour ceux qui ont le temps et l'envie, n'hésitez pas à me dire lesquelles auraient leur place dans ce petit livre parmi les histoires qu'on peut trouver ici.

De plus, la nouvelle que vous vous apprêtez à lire, j'espère, est déjà liée à ma première vraie nouvelle de SF, Paradis Perdu.

 

Bonne lecture et à bientôt !

 

 

Contrôles

 


 

06h00.

Le réveil sonne, mais Warren est déjà debout. Une grimace de douleur suit les deux chocs électriques supposés l’éveiller « en douceur » : comme chaque matin, il se dépêche de tapoter deux fois sur son oreillette pour que ça s’arrête. Il déteste ces machins, mais les responsables ont décidé de les imposer à leurs Contrôleurs, allant même jusqu’à fixer un horaire particulier pour le début de chaque journée.

Lui qui ne peut dormir au-delà de 05h00 a essayé de plaider sa cause pour s’éviter ces douleurs matinales – sans résultat. Les responsables refusent les exceptions et les éléments rebelles dans leurs troupes ; il sait avoir été espionné suite à cette simple demande.

 

Depuis, il fait profil bas et accepte les autres obligations de tout bon Contrôleur, et en réalité de tout bon citoyen du Consulat Planétaire : le MoNETcle, la lunette ronde greffée sur son œil droit lui permettant d’obtenir immédiatement les informations et les ordres de ses responsables ; le cathéter L, pour Liquides, dans le creux de son coude gauche ; le cathéter N, pour Nourriture, dans le creux de son coude droit ; et surtout l’élément indispensable à toute vie sur Terre depuis trois générations : le cathéter E sur la tempe gauche.

Warren ne l’utilise jamais – officiellement. Ses responsables sont persuadés qu’il est un membre des conservateurs, ces groupes de moins en moins nombreux de citoyens refusant les « évolutions » et préférant encore tout ressentir naturellement, sans aide mécanique et sans Contrôleurs.

 

Tous ont pourtant ce cathéter E, car tous ont eu leurs greffes à la naissance ; ils ont simplement décidé à l’âge adulte de ne plus l’utiliser.

Malheureusement, ces conservateurs sont destinés à disparaître, les jeunes générations ne supportant guère l’idée de se passer des cathéters E depuis les dernières enquêtes d’opinion sur MoNETcle. Warren sait qu’un jour lui et les autres Contrôleurs devront chasser les derniers « rebelles » et les anéantir, car les responsables en auront assez de ces petits imbéciles. Ce jour n’est pas encore venu, mais il n’est de toute façon pas l’un d’entre eux.

 

Debout face à sa fenêtre d’un mètre carré, un luxe pour un appartement du six-cent-douzième étage, il fixe d’un regard morne la ville devant lui, l’amoncellement d’immeubles reliés les uns aux autres par des ponts métalliques et des plateformes de circulation.

Il n’a plus vu la terre ferme depuis deux décennies, et ses plus jeunes collègues n’y sont même jamais allés ; ça ne les dérange pas. Tant qu’ils ont leurs cathéters E, ils ont un but dans l’existence et se défoncent pour l’obtenir.


Warren n’est plus comme ça : il ne rejette pas publiquement les cathéters, il n’est pas un conservateur. C’est juste qu’il n’en consomme pas – officiellement.

Dans son appartement de dix mètres carrés, dans son espace de solitude, dans l’angle mort où les caméras ne peuvent le voir, il s’injecte chaque semaine ce dont il a besoin pour tenir – et ne pas oublier. Ne pas les oublier.

 

 

07h42.

Le chef hurle les derniers avertissements alors que ses troupes se dispersent déjà, une fois les ordres de mission reçus. Le « Con-Con » comme ils l’appellent dans son dos, le Contrôleur des Contrôleurs, essaye d’asseoir son autorité en les menaçant, mais personne n’y fait attention ; malheureusement pour lui, il n’y a pas encore de cathéter à autorité.

 

Warren attend, dans un coin, que ses jeunes collègues finissent de se préparer – lui l’est déjà, bien sûr. Vêtu de sa combinaison noire habituelle, avec les coques de protection aux genoux et coudes, à la nuque et aux différents points sensibles du corps, il en profite pour vérifier que le MoNETcle et l’oreillette fonctionnent bien.

Le poids de son arme, semblable aux révolvers des Temps Anciens, est lourd sur son flanc droit, comme l’immense sac de doses E dans son dos. Chaque jour, il a l’impression que le chargement est plus pesant, même si les rapports des responsables indiquent qu’il n’en est rien. Joie de la propagande.

 

Ses jeunes camarades fixent leurs casques, vérifiant plusieurs fois que les attaches se mêlent bien à la combinaison pour les protéger ; ils abaissent même les grilles de protection sur le nez et la bouche, ce qu’il ne fait quasiment jamais.

Warren hausse les épaules en les regardant, tellement terrifiés à l’idée de faire leur boulot. Ils donnent l’impression de partir à la guerre, alors que les Contrôleurs sont reconnus et craints par tous les citoyens. Lui n’abaisse quasiment jamais les grilles, et n’en a jamais eu vraiment besoin.

 

Il se sent vieux en observant ces gamins, qui n’ont rien connu et se shootent aux cathéters E en espérant avoir des « fix », même si les responsables l’interdisent. Il se sent vieux en voyant ces types qui n’ont même pas vingt ans et qui se croient au-dessus de tout, alors qu’il a vu à l’extérieur du Centre de Contrôle de l’Arrondissement des gosses du même âge qui mendient pour quelques doses E.

Warren sait déjà qu’aucun de ses collègues ne leur a jeté un coup d’œil, qu’aucun n’a fait attention à ceux qui auraient pu être à leurs places si le hasard génétique avait été différent.

 

Oui, Warren se sent vieux : il sait déjà que l’essentiel de sa carrière est derrière lui et qu’il est devenu trop cynique pour tout ça. A vingt-huit ans, il est à une paire d’années de la retraite ; il ne sait même pas s’il tiendra jusque-là.

 

 

09h34.

L’enfant pleure alors que sa mère est allongée sur le sol, inconsciente. Depuis dix minutes, déjà, le bébé de quelques mois à peine, dans son landau-volant, essaye d’attirer l’attention et l’aide des citoyens qui passent à ses côtés – sans succès.

Les badauds marchent sans réagir, plongés dans leurs séries, livres, jeux ou journaux préférés qui passent sur leurs MoNETcles ; certains s’injectent même quelques doses de L, N ou E sans penser pouvoir faire quelque chose pour lui. Warren a malheureusement l’habitude de ce genre de scène, mais ça le choque maintenant. Les doses E n’ont pas que du positif.

 

Au XXIIIe siècle, la Terre est entièrement recouverte de villes : des immeubles géants, monstrueux, ont remplacé les espaces verts, qu’on ne peut plus découvrir que dans des reconstructions 3D de Paradise and Associates, l’entreprise reine dans la réalité virtuelle écologique. L’Humanité est riche de plusieurs dizaines de milliards d’âmes, empilées les unes sur les autres dans des micros appartements à l’intérieur de tours inhumaines. La terre ferme n’est plus qu’un cloaque pollué où survivent, selon les rumeurs, quelques mutants terrifiants.

L’agriculture est quasiment impossible. Les prisons ont été transformées en zones d’habitation depuis très longtemps. Les citoyens naissent et vivent dans les mêmes espaces, et accèdent à leurs emplois par héritage : l’ascenseur social est bloqué et ne peut plus fonctionner avec une telle masse de population.

 

Depuis trois générations, le Consulat a décidé de transformer la répression et la valorisation sociale en utilisant une avancée technologique basée sur les besoins vitaux pour prendre une décision drastique – et changer tous les rapports sociaux.

Grâce à l’invention d’un système complexe où des doses de liquides et de nourritures peuvent être injectées en quelques secondes grâce aux cathéters, ce qui a permis le remplacement des champs agricoles par des usines de production rapide de rations alimentaires, les Consuls ont étendu la technique au bien le plus précieux de chacun : les émotions.

 

Comment récompenser les plus méritants dans un monde où les avancées sociales sont devenues impossibles vu la masse des citoyens et les corruptions en augmentation ? Comment sanctionner ceux qui le méritent quand la planète n’a même plus de place pour de simples logements ?

 

En créant des doses E… des doses d’émotions.

Le Consulat a mis en place tout un système de redistribution des « bons points » et « mauvais points » : ceux qui agissent de façon positive ont droit à des surplus de Joie, de Bonheur, de Plaisir suite aux rapports des MoNETcles et de leurs supérieurs hiérarchiques ; ceux qui agissent contrairement aux lois en vigueur sont poursuivis pour recevoir des surplus de Peur, Tristesse, Douleur, Déprime, etc.

Et ce sont les Contrôleurs qui sont chargés d’injecter à chacun ce qu’il mérite au moyen de leurs armes et de leurs réservoirs de doses E.

 

Le monde entier est désormais concentré sur la recherche absolue de doses E supplémentaires, de « fix » d’émotions pour ressentir plus encore que ce que le corps peut apporter.

Cela a eu hélas des conséquences violentes au niveau criminel : désormais, le meurtre a été remplacé comme acte le plus effroyable et inhumain par… le vol d’émotions. Des scientifiques ont ainsi mis en place des systèmes permettant d’aspirer les différents sentiments d’autrui : l’Aspirateur E.

 

Les victimes s’en sortent avec un coma de plusieurs jours et d’énormes difficultés à retourner dans la société, incapables de ressentir « naturellement » quelque chose pendant un temps indéfini. Généralement, elles deviennent encore plus droguées aux doses E et finissent par aspirer elles-mêmes chez autrui ce qu’on leur a pris.

 

Accroupit devant l’enfant terrifié et sa mère inconsciente, Warren sait déjà qu’elle subira le même sort et que ses chances de retrouver une vie normale sont minuscules.

Un monstre vient de détruire deux vies pour quelques secondes d’extra émotion. Le poids de son arme et des doses dans son dos s’alourdit encore.

 

 

11h47.

Le vieillard hurle en s’écroulant, abattu par une dose de Terreur ; les trois citoyens autour de lui l’accompagnent quelques secondes après. C’est ce qui arrive quand un Contrôleur loupe son tir – quand un gamin joue au cowboy.

 

Warren roule sur le sol en entendant les cris de terreur des autres badauds, qui n’ont pas besoin cette fois-ci d’une dose E pour connaître la peur ; apparemment, quelques pervers s’injectent de tels produits dans des soirées privées pour en « profiter ». Là, ils sont servis avec une intervention des Contrôleurs qui tourne mal, et qu’il ne voit pas bien se terminer.

 

Leur cible s’enfuit devant Warren et ses trois camarades, qui essayent de comprendre ce qu’il vient de se passer. L’adversaire, un vieillard de trente-sept ans, slalome entre les les citoyens, poussant certains d’entre eux pour s’approcher d’un pont censé faire le lien entre deux immeubles ; plus loin, il espère attraper une plateforme de transport collectif, et ainsi échapper à sa juste sanction.

 

Tandis que deux Contrôleurs tentent d’injecter de la Joie et du Plaisir aux victimes, Warren ordonne par signes au responsable de cette catastrophe de se mettre en retrait et de les couvrir ; il en a assez fait pour le moment.

Serrant fort la crosse de son arme, Warren essaye de suivre le rythme de la cible. Dans son dos, il sent ses doses chargées et prêtes à l’emploi : le Consulat permet évidemment aux Contrôleurs de punir ceux qui le méritent avec un tir direct d’émotions extrêmes sur l’ennemi. Evidemment, une telle utilisation n’est prescrite qu’en cas d’extrême urgence : la visée est peu fiable et amène souvent des erreurs, des victimes – comme aujourd’hui.

 

L’adversaire est désormais sur le pont, affolé et terrifié. Warren et les siens ont été informés qu’il a voulu profiter des travaux de pointe d’un de ses collègues et ainsi gagner quelques doses E supplémentaires ; malheureusement, il a été découvert et a refusé d’assumer sa faute. Il a eu un comportement violent vis-à-vis de ses supérieurs et a tenté de s’enfuir – enfin, il est en bonne voie pour s’enfuir.

 

Arrivant lui-même au début de la passerelle, Warren fixe de loin l’ennemi, qui est déjà sur la plateforme autour de l’autre immeuble. Plusieurs citoyens apeurés sont couchés sur le sol ou collés contre les grilles du pont, attendant, espérant une solution rapide et efficace à cette crise. Il ne sait pas comment leur offrir ce qu’ils veulent.

 

Les secondes s’écoulent, terribles, tandis que Warren sent les regards inquiets de ses collègues sur lui. Par réflexe, il règle son arme sur une dose spéciale, vise, suit la trajectoire de l’ennemi et tire finalement, alors que ce dernier n’est plus qu’à quelques mètres de son objectif.

Autour de l’ennemi, une demi-douzaine de citoyens attend le transport, et tous s’écroulent, rongés par une crise d’Angoisse et de profonde Dépression ; la cible fait de même.

 

Alors que Warren range son arme dans son fourreau et que ses collègues foncent vers les victimes pour s’occuper d’elles, il voit déjà le mail de réprobation du « Con-Con » apparaître dans son MoNETcle. Il n’est pas habitué à ce genre d’alertes, et il sait que ça va attirer l’attention sur sa propre situation.

 

Ça ne l’arrange pas – ça ne l’arrange pas du tout.

Ce sera plus difficile de voler quelques doses E spécifiques pour sa propre consommation comme ça. Ce sera plus difficile de s’injecter des « fix » de Dépression, mais il n’a plus le choix : c’est la seule chose qui lui permet de ne pas aller un peu mieux, de ne pas continuer à vivre sans sa femme et son fils, de ne pas peu à peu oublier leurs corps, leurs visages, leurs rires – et il ne peut pas se permettre d’en arriver. Il leur doit bien ça.

 

 

14h56.

Le technicien en chef siffle et frappe dans ses mains ; la dizaine de personnes qui compose l’assistance réunie dans la chaîne de production le suit rapidement. Warren n’est pas à l’aise mais sourit, derrière son casque et son immense combinaison, en saluant la foule en compagnie de l’heureux élu.

 

Avec son collègue, Warren est venu pour récompenser un citoyen technicien qui a brillé sur son poste de travail. En explosant les scores de production, en conservant même le soin et la qualité des produits, il fait la fierté de son immeuble et de son entreprise. Après vérification de ses résultats, pour éviter le drame de la matinée, les Contrôleurs sont venus pour lui injecter plusieurs doses E positives et le mettre en avant devant ses collègues.

 

De la propagande, la moitié du boulot en réalité.

Jadis, Warren trouvait dans ces activités un certain réconfort : ça lui permettait d’avoir une action positive pour les citoyens, de faire quelque chose de « bon », de « bien » ; maintenant, il sait qu’il n’en est rien. Tout ça n’est que de la poudre aux yeux, un show destiné à tenir la population par le bâton et la carotte – plus la carotte, ici.

 

Les doses E ne sont que des leurres, des « fix » pour tenir une société rongée par la surpopulation et le manque d’avenir. Les Contrôleurs ne sont que les marionnettes du Consulat, encore plus espionnés et traqués que ceux qu’ils doivent surveiller.

 

Warren y a cru, mais a perdu la foi quand sa femme n’a pas supporté d’échouer dans sa tentative d’obtenir des doses E supplémentaires en travaillant plus et mieux. Alors qu’elle s’était donnée plus que jamais dans son entreprise, elle a été dépassée sur le fil par une collègue. Anéantie par cette défaite, persuadée de ne jamais pouvoir obtenir de nouvelles doses vu le travail qu’elle avait abattu pour aucun résultat, elle a préféré s’abandonner à une dépression bien naturelle et se suicider avec leur jeune enfant.

 

En quelques jours à peine, et sans qu’il puisse réellement voir quelque chose, elle s’est précipitée dans une spirale négative où elle n’a vu aucune sortie – hormis l’abandon définitif, avec son fils, duquel elle n’a pas accepté d’être séparée.

Tout ça parce qu’il n’a pas été là pour la rassurer et la consoler, lui qui a été trop pris dans son « fabuleux » et « indispensable » travail de Contrôleur. Il en est venu à oublier ceux qu’il n’aurait plus jamais.

 

Alors que quelques flashes de MoNETcle-photo crépitent autour d’eux, Warren sent qu’il aura besoin de doses vraiment plus fortes ce soir. La perte des siens remonte à des années, et il sent régulièrement que les propagandes du Consulat, que les Alertes Bonheurs et tous les autres mails qu’il reçoit ont un impact : son moral remonte par moments, ses souvenirs d’eux sont un peu moins précis. Il lui arrive à nouveau de sourire, de faire moins de cauchemars.

Il ne peut pas l’accepter.

 

Tandis qu’il injecte dans le cathéter E de l’heureux élu une dizaine de doses de Bonheur, de Plaisir, de Joie et d’autres sentiments positifs, il prépare déjà mentalement son « fix » du soir. Pour être mal. Pour être déprimé. Pour penser à ce qui manque dans sa vie.

Pour penser à ceux qu’il a perdus et qu’il ne doit plus jamais oublier.

 

 

17h32.

L’infirmière murmure quelques conseils de dernière minute avant de disparaître derrière une porte coulissante. Warren se retrouve seul dans la pièce de huit mètres carrés, perdue à l’intérieur de la Tour Hôpital du secteur. Il a l’habitude.

 

Chaque semaine, il vient se recueillir auprès d’un comateux, victime deux ans plus tôt d’un Aspirateur E particulièrement violent. L’adolescent, dix-sept ans à peine, n’a montré aucun signe d’évolution positive et semble condamné, selon les médecins, à demeurer pendant des années encore dans cet état catatonique – et Warren y compte bien.

 

Les infirmières et docteurs sont persuadés qu’il vient ici car il se sent responsable de l’état du garçon. Il les a laissés imaginer une histoire épique où un Contrôleur courageux a tenté de stopper un vil voleur d’émotions de s’en prendre à la victime mais a malheureusement échoué, et vient depuis chaque semaine en espérant voir l’intéressé s’éveiller enfin et le remercier. La réalité est bien différente.

 

Warren ne sait rien de ce type, ni de son histoire. En intervention à cet étage quelques mois plus tôt, pour donner quelques doses E positives à un employé zélé et apprécié, il a repéré cette chambre silencieuse et abandonnée, et surtout ce patient.

Celui-ci se remet trop lentement pour que les appareils, les capteurs E rudimentaires de la Tour Hôpital, puissent détecter une évolution positive importante, mais sa combinaison de Contrôleur est plus avancée – et lui permet depuis deux ans de voir que l’adolescent retrouve peu à peu des émotions. Qu’il vole chaque fois qu’il vient le voir.

 

Evidemment, Warren ne cible que les émotions négatives : Dépression, Tristesse, Douleur, etc. En un sens, il lui rend service en le débarrassant des « mauvais » sentiments, mais il sait très bien qu’en aspirant avec son arme de Contrôleur ces émotions et en les stockant dans des doses vides qu’il garde pour lui, il empêche un réveil rapide du comateux.

 

Il se sent coupable, oui. Il se déteste d’agir ainsi, de devenir aussi monstrueux. Il se sent aussi dégueulasse que les voleurs d’émotions, que les drogués qu’il croise dans la rue et qu’il poursuit. Il se dégoûte.

Et c’est bien ça qu’il recherche.

 

 

19h22.

La plateforme est silencieuse. Les citoyens sont rentrés dans leurs appartements et attendent, agglutinés devant leurs télévisions, les résultats des loteries et des tirages au sort censés leur apporter des doses E supplémentaires. S’injectant des doses N et L selon leurs besoins, sans même regarder, ils sont entièrement passifs devant la propagande consulaire.

 

Warren, lui, sort enfin du Centre de Contrôle de l’Arrondissement. Il a dû rédiger un long rapport à envoyer avec son MoNETcle sur l’incident de la matinée ; il a essayé de se dédouaner au maximum, mais sans trop charger non plus ses collègues. Les responsables n’aiment ni les erreurs, ni les balances.

 

Alors que la nuit tombe enfin sur les immeubles immensément hauts et terribles de la ville, le Contrôleur fait claquer ses bottes sur le pont qui doit le ramener chez lui. Comme d’habitude, il voit quelques silhouettes, quelques ombres qui s’agitent à peine sur les plateformes et devant les entrées, espérant quelques doses, quémandant un peu de pitié ; jamais personne ne leur répond.

 

Lui-même n’y faisait pas attention avant que sa vie perde tout son sens – lui-même avait été obsédé uniquement par sa réussite et ses doses E.

Maintenant, il sait, il voit ces masses informes qui espèrent ce qui n’arrivera jamais. C’est en perdant tout qu’il a commencé à tout voir, mais ce n’est pas pour ça qu’il y a fait quelque chose. Jusqu’à aujourd’hui.

 

Sans savoir pourquoi, Warren s’arrête devant l’une d’entre elles – un jeune garçon. De dix ans, à peine. Accroupi au milieu du pont, les épaules voutées, recouvertes d’un drap délavé par le soleil. Les cheveux sales et longs, rongés par la crasse et le manque d’hygiène. La peau émaillée de blessures, de cicatrices et d’infections. Le regard fixé devant lui, vaincu et abattu.

Un zombie, un drogué – un monstre. En manque de dose, sûrement depuis que ses parents l’ont abandonné après lui en avoir trop donné pour éviter les pleurs d’un bambin certainement difficile ; un phénomène malheureusement courant, et totalement occulté par le Consulat.

 

Dix ans. L’âge que son propre fils aurait si sa femme n’avait pas décidé d’en finir – s’il ne l’avait pas abandonné. S’il ne les avait pas oubliés.

Warren sent dans ses poches le poids des doses E négatives, qu’il garde pour lui, mais surtout celui des doses positives, dans son dos. Le « Con-Con » lui permet toujours de garder son matériel sur lui, pour intervenir dans son immeuble en cas de souci. Un privilège issu d’une carrière quasiment exemplaire.

 

Oui, le poids de ces doses E positives se fait plus lourd, et la tentation de les lui donner, de réparer sa faute devient de plus en plus forte. Ce serait comme d’aider finalement le petit, de s’occuper finalement de lui, même si ce n’était pas le bon. Ce serait faire une bonne action, enfin, et ne plus se laisser aller à ses seuls besoins, à ses seules psychoses.

Ce serait agir contre ces horreurs, d’avoir un impact positif, enfin. D’être utile. D’être vraiment « bon ».

 

Ce serait simple, facile – et efficace. C’est ce que le gosse veut. C’est ce que tout le monde veut.

C’est ce qui tue tout le monde.

 

Warren s’accroupit et oublie le poids des doses E, négatives ou positives. Il sourit, pour la première fois depuis des années, et parle à voix basse, comme un murmure.

Avec des mots simples, il propose aussi quelque chose de simple. Avec un geste simple, il propose une main, une aide.

 

Et, après quelques secondes, l’enfant comprend – et l’enfant accepte, aussi fou que cela paraisse.

 

Pas de doses E ce soir, ni pour l’un, ni pour l’autre. Pas de « fix », pas de télévision, pas de propagande – pas d’émotion artificielle.

Juste un homme abandonné qui offre à un enfant abandonné un abri, un coin chaud et la possibilité de parler, de partager – et de s’entraider.

 

Juste un homme qui essaye d’offrir et de s’offrir de vraies émotions en aidant un enfant abandonné qui pourrait être le sien : la Joie, le Plaisir, le Bonheur seront plus durs à obtenir comme ça, seront plus difficiles à garder et à retrouver. Ça demandera des efforts, des déceptions, des manques, mais… s’il y arrive, s’ils y arrivent, ce sera bon. Ce sera naturel. Ce sera vrai.

Et ce sera bien plus précieux que toutes les doses E du monde.

 

Par BenT - Publié dans : Nouvelles
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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 21:47

Bonjour à tous.

 

CW, chaîne de télévision américaine, a occupé pendant dix ans le terrain de la série adaptée des comics avec Smallville. Si les avis ont longtemps divergé sur la qualité du show TV et de la reprise des éléments du comics Superman, les dix saisons de la série ont marqué les années 2000 et sa fin a laissé un grand vide dans la grille de programmes de la chaîne.

Pour lutter contre une éventuelle chute des audiences, CW a commandé un pilote et vient de lancer la production de toute une saison pour un nouveau show TV : Arrow, adaptée du personnage Green Arrow.

 

A la base, Green Arrow est un ersatz de Batman, créé en 1941 : Oliver Queen, milliardaire, s'ennuie et décide de lutter contre le crime avec un arc et des flèches spéciales (flèche-gant de boxe, flèche-bombe, flèche-filin, etc.). Avec une Arrow-cave, un Arrow-plane et un jeune apprenti (Speedy), Green Arrow est pendant longtemps une copie du héros de Gotham City, mâtinée évidemment de Robin des Bois.

 

http://2.bp.blogspot.com/_HGHxpUhDKRs/TP0ahOv6ZlI/AAAAAAAAFXc/3WbER5AXTdw/s400/batman-greenarrow_1231204026.jpg

Le premier look de Green Arrow.

 

Le personnage subira de profondes modifications dans les années 70 quand les auteurs O'Neill et Adams l'associent avec Green Lantern, pour une série d'épisodes profondément novateurs pour l'époque (qui traitent du racisme, de la drogue, des problèmes sociaux, etc.). Avec un look évolutif, le personnage gagne en contenu : Oliver Queen abandonne son entreprise (Queen Industries) pour devenir un "vrai héros", et adopte une pensée socialiste, voire révolutionnaire.

 

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Le look habituel du personnage.

 

Après de nouveaux changements, le personnage meurt pour revenir quelques années après, toujours plus sombre, toujours plus complexe. Green Arrow n'est pas aussi brillant que Superman, pas aussi attaché à ses valeurs que Batman et franchit régulièrement les lignes imposées aux héros.

 

Durant la sixième saison de Smallville, le personnage est adapté dans le show TV avec Justin Hartley dans le rôle principal. D'abord secondaire, il deviendra peu à peu un des héros principaux de la série, apparaissant comme le meilleur ami et conscience politique et héroïque d'un Clark Kent refusant régulièrement de prendre ses responsabilités.

 

Cependant, CW a décidé de ne pas créer de spin-off (série dérivée) à son show spécialisé sur Superman : Green Arrow y a en effet grandement évolué et se concentrer sur lui serait impossible, tant il est désormais lié à Clark Kent (et Tom Welling a indiqué ne plus vouloir jouer ce rôle).

CW a donc choisi de lancer une nouvelle série sur le personnage : Arrow, tout simplement.

 

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Le pitch suit les nouvelles évolutions de l'origine du personnage : Oliver Queen est, dans cette série, un homme de 27 ans qui a passé plus de cinq ans sur une île perdue en Mer de Chine. Revenant au monde civilisé, il aura acquis une parfaite maîtrise de l'arc pour y survivre. Dinah Lance, avocate de 28 ans, sera présente à ses côtés comme intérêt amoureux (dans les comics, Dinah est Black Canary, une héroïne sexy et... épouse de Green Arrow !).

Oliver luttera contre Tommy Merlyn, archer comme lui : ancien meilleur ami de Queen, il aura une vie dissolue et ne comprendra pas les changements d'attitude de l'ancien jet-setteur Oliver. Celui-ci devra également faire face à sa mère, Moira, qui s'est remariée depuis le naufrage de son fils et de son mari, qui lui est décédé cinq ans plus tôt.

Oliver devra aussi s'adapter à sa soeur, Thea, qui a bien grandi et n'est plus prête à se laisser faire comme avant. John Diggle, lui, est un ancien militaire afro-américain, garde du corps des Queen et "surveillant" d'Oliver.

 

David Nutter a réalisé le pilote : il avait déjà fait de même pour Smallville. Le scénario a été signé Greg Berlanti et Marc Guggenheim, qui ont (malheureusement) déjà opéré sur celui du film Green Lantern.

 

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Le casting est composé de Stephen Amell (Hung, Vampire Diaries) en Oliver Queen, Katie Cassidy (Supernatural) pour Dinah Lance,  Collin Donnel pour Merlyn au niveau des personnages principaux.

 

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La bande-annonce :

 

 


 

 

 

Merci à Arathorn X, C.O.M.I.C.S., Buzz Comics et Superpouvoir pour ces informations.

 

Personnellement, j'attends avec curiosité cette nouvelle version : la bande-annonce n'est pas très prenante, mais elle rend plutôt bien et les images ne sont pas dégoûtantes. Peut-être aurons-nous droit à une bonne surprise pour cette série clairement orientée sur le public adolescent, comme celle qui l'a précédé. Après tout, les dernières saisons de Smallville étaient clairement bonnes, alors pourquoi pas ?

Rendez-vous à la rentrée prochaine !

 

A bientôt !

Par BenT - Publié dans : News BD/cinéma/culturelles
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Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 20:25

Bonjour à tous.

 

Après plus d'une dizaine de jours de mutisme, je reviens vers vous avec un article sur un de mes intérêts bien visibles sur le blog : les nouvelles scientifiques insolites.

Outre les informations sur les comics, les films, les jeux vidéos, les chroniques et critiques, et les nouvelles (même si je suis bien moins actif qu'avant), j'aime en effet partager mes découvertes dans le domaine scientifique pour ce qui est proche de la Science-Fiction, un genre littéraire que j'adore et qui, semble-t-il, a devancé (voire inspiré ?) les scientifiques à de nombreuses reprises.

 

Très souvent, les artistes ont ainsi mis en avant des villes intelligentes ou robotisées, que ça soit dans Metropolis de Fritz Lang ou beaucoup d'autres exemples suivants (j'en ai beaucoup, je ne voudrais pas souler mes lecteurs avec ça mais je tiens mes données à disposition si besoin).

Bref, l'idée d'automatiser la ville, en faire véritablement un objet à la disposition de l'Homme grâce aux évolutions technologiques est, à mon avis, une constante dans les oeuvres de S-F et un lien très régulier entre ce genre et la Science elle-même. Et je viens de découvrir que d'ici 2015, la fiction va devenir réalité au Portugal !

 

http://prefeitosonline.com.br/site/wp-content/uploads/2011/02/Post-19.10-Planit-Valley.jpg

 

PlanIT Valley est le nom de cette étrange ville au Portugal, de 150 000 habitants qui devrait sortir de terre d'ici 2015.

Près de 100 millions de capteurs seront disséminés dans toute l'infrastructure, dans tous ses détails, et permettront de moduler quasiment tous les aspects de la vie des habitants.

 

De 25 milliards d'euros, le projet reliera chaque capteur en réseau à un ordinateur central (UOS), construit en partenariat avec CISCO. Cet ordinateur central contrôlera la ville avec le minimum d'interventions humaines possibles : les machines gèreront la majorité de ses aspects, et avec un effort important sur l'écologie.

En effet, les capteurs permettront d'utiliser au mieux les ressources naturelles : cela devrait réduire la consommation d'eau de 80% et la consommation d'énergie de 50% par rapport à une ville normale.

 

http://www.dhootgroup.net/images/spring_valley.jpg

 

De façon concrète, l'UOS gèrera automatiquement la plupart de la ville : la température d'un appartement sera mécaniquement baissée quand son occupant le quitte, une fuite sera immédiatement repérée et un réparateur aura été envoyé, les lumières seront éteintes en cas d'oubli, en cas d'incendie les pompiers seront avertis immédiatement et les feux rouges seront adaptés pour leur arrivée rapide (plus la réservation automatique d'une chambre à l'hôpital), etc.

 

Evidemment, des problèmes moraux se posent : les gens n'auront plus l'occasion de mentir sur leurs localisations, les gens seront constamment observés et repérés - le concept de Big Brother, si cher à George Orwell dans l'immense oeuvre 1984, devient réalité. Carlo Ratti, le directeur du MIT's SENSEable City Lab, indique qu'il n'y a pas d'inquiétude particulière tant que le contrôle des données que le système a sur les habitants est assuré par la main humaine.

Cependant, nous connaissons tous ici des oeuvres de S-F qui ont prouvé que les machines supposées nous aider ont pris le contrôle : Terminator, Matrix sont les exemples récents de telles dérives.

 

http://www.connectedhomeworld.com/images/planit/planit-valley.jpg

 

D'ailleurs, PlanIT Valley elle-même prévoit d'évoluer en fonction des besoins de ses habitants, et donc des moyens qu'ils trouveraient pour être indétectables ou aller au-delà de ses imperfections.

Si l'idée d'une ville automatique peut séduire pour la performance, même pour l'apport technique et pratique énorme, jusqu'où cela peut-il aller ? Doit-on sacrifier notre liberté et notre imprévisibilité pour ne plus avoir à penser à éteindre la lumière ou le gaz ? Cela en vaut-il le coup ?

 

Personnellement, je préfère encore vivre dans une ville imparfaite, bien humaine et loin d'être automatisée, que dans une ville mécanisée. J'aurais l'impression d'être dans un univers cloisonné, où je me sentirai enclavé et mal à l'aise.

 

PlanIT Valley est une belle expérience, mais j'espère qu'elle ne restera que cela !

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Par BenT - Publié dans : News insolites
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