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21 janvier 2011 : Premier anniversaire du blog !

Publié le par BenT

 

 

Bonjour à tous !

 

Après quelques jours d'absence et de mutisme, voilà un petit billet pour signifier l'anniversaire du blog. Pas forcément un anniversaire très brillant, d'ailleurs : à faire le bilan, il n'est pas très bon. J'ai en effet abandonné cette structure pendant plusieurs mois, lancé plusieurs histoires-à-suivre sans les terminer (Corlatius, L'abandon), je me suis acharné sur une idée pour parvenir finalement à faire la "nouvelle ultime" dessus ("Je") et j'ai souffert du syndrôme de la page blanche. Depuis, j'ai lancé une nouvelle histoire-à-suivre et j'ai fait deux chroniques de livres que j'ai beaucoup aimés. Ah, et il y a quelques dessins de copains, aussi, en plus de vieilles no

C'est objectivement peu. J'aurais dû m'investir ici mais mes obligations professionnelles et privées me prennent logiquement beaucoup de temps, surtout que je reçois finalement peu de commentaires.

 

Même si mes annonces de nouveautés drainent en général une quinzaine de personnes (ce qui est très peu, avouons-le), rares sont les commentaires. Bon. Peut-être ais-je une communauté de lecteurs muets, des Morlocks en plus sympathiques, je l'espère. Ou peut-être que je suis peu lu.

J'avoue que j'aimerais plus de lecteurs et de commentaires, mais... ce n'est pas forcément pour ça que j'écris. J'aime écrire. J'aime inventer des mondes. Et, avouons-le, j'aime aussi savoir ce qu'on pense de moi, mais je pense que je peux vivre sans une foule amassée devant ma porte.

 

Je veux essayer d'être écrivain et je suis persuadé que je me ferais publier un jour professionnellement. Même si ça ne vend pas. Même si je dois payer moi-même tout le processus.

J'y arriverai et ça me rendra heureux. Alors continuez à venir, continuez ou commencez à me lire, ça me fera plaisir. Tout ce que je veux, c'est écrire et apporter du bonheur et du plaisir aux gens. Alors, si je peux faire les deux, banco ! Sinon, le blog restera au fond du Web et je pourrais vivre avec. Même si je préférerai que ça soit autrement.

 

Bref. Le blog a donc un an. Passons à quelques chiffres :

- le maximum de visiteurs a été 30 en janvier et février 2010

- les mois les plus "sombres" ont été entre mai et juin. Pas étonnant, ça a été mon coup de mou

- le blog rank a été à 56 (!) en février 2010, 48 en juillet 2010 et alterne entre 5 et 15 depuis

- les articles les plus commentés ont été La veillée et le syndrôme de la page blanche

- 39 articles ont été publiés dont 26 sont des nouvelles

 

Voilà, un petit bilan pas glorieux mais qui m'encourage à en faire plus. Bonne année le blog, et pour ceux qui me suivent et me lisent une nouvelle très accessoire sur le thème de la forêt. J'avais beaucoup de mal à m'imaginer faire un texte dessus, j'ai donc un peu tiré le concept pour donner ça. Bonne lecture !

 

 

Mère

 

Le vent fouette son visage, plaque le cuir de son pantalon et de ses gants contre sa peau. Il a froid, commence à grelotter. Il attend, préfère s’habituer avant de se lancer. La journée est encore jeune, peu d’habitants de la forêt sont déjà réveillés. La nuit a été difficile, faite de tonnerre, d’éclairs, de pluie et de colère. Mère a voulu rappeler à ses enfants qu’elle était toujours maîtresse en sa forêt ; lui l’a toujours su.

Il fait de son mieux pour la respecter, pour prendre soin de sa création. Il aime la forêt, il ne tue que pour survivre et respecte le plus possible les cycles de vie et de reproduction de ses frères, les autres habitants.

Il est le seul de sa race, il le sait. Par cela, il a un statut à part ici, et tous le voient comme différent – supérieur, parfois.

 

Ils ont peur en sa présence, la cherche quand ils sont en danger. Il les subjugue et les mène, résolvant leurs problèmes et leurs querelles. Il est le maître en ces lieux derrière Mère, et il se doit d’en être digne.

C’est pour cela qu’il est là, alors que la journée est encore si jeune. Il doit prouver à tous que la colère de Mère s’est éteinte et qu’il est encore là. Ils ont besoin de lui comme lui a besoin d’eux.

 

Au fond, il sait très bien qu’il n’est certainement pas le fils chéri de Mère. Il n’a été élevé que par certains des autres habitants, sans aucun signe d’un « destin exceptionnel ». Cependant, il est le seul de sa race dans la forêt – et il l’a visité en entier des journées entières. Il n’est pas le plus rapide, pas le plus grand, pas le plus fort, mais il est très bon dans chaque discipline, alors que chacun des autres habitants excelle dans un domaine.

 

Il est différent et il doit l’assumer.

Il soupire et se lance.

 

L’air le frappe à nouveau, rejetant en arrière son épaisse crinière blonde. Il sent aussi les poils de sa barbe naissante se coller contre sa peau sale et humide. Son torse nu frissonne sous la fraîcheur de la chute alors que ses mains attrapent solidement une longue liane d’argent.

Encaissant le choc, il utilise sa chute pour faire coulisser la liane vers l’avant, juste assez pour lui permettre de sauter vers la branche près de lui. Ses doigts gantés s’accrochent de justesse, ses jambes puissantes prenant appui sur la grande structure verte pour le propulser en hauteur. Il grimpe, rapidement, avec précision, vers le sommet de l’arbre duquel il émerge quelques minutes plus tard.

 

La sueur commence à peine à couler le long de son dos. Ses muscles sont éveillés, en parfait état. Un sourire s’affiche sur son visage.

La journée commence bien.

 

A nouveau, il court pour se propulser dans le vide, se raccrochant au dernier moment à une liane, une branche ou à un rebord. Ses gants protègent ses mains, ses orteils lui permettent de grimper comme un des habitants qui l’a élevé et il sourit. Il rit. Qu’il est bon de vivre.

 

Les feuilles et les branches humides n’empêchent en rien sa progression, tout juste doit-il faire attention aux sommets quelque peu glissants.

Autour de lui, les autres habitants s’éveillent en le voyant passer, évitant toujours leurs nids, leurs maisons, leurs lits. Il n’est pas là pour leur faire du mal, juste leur rappeler combien la forêt peut être belle si on sait ouvrir les yeux.

 

Les minutes, les heures s’écoulent, lui continuant de sauter dans le vide, continuant sa promenade matinale, passant de structure en structure, évitant les blessures, hurlant, criant… vivant. Prouvant à tous que la nuit passée n’est qu’un souvenir, que la journée s’éveille et qu’elle sera belle. La journée n’est qu’une promesse qu’on se fait à soi-même.

 

Le vent le frappe toujours, le fait frissonner et l’aveugle presque.

L’air marin l’assaille, gerce ses lèvres et lui donne un arrière-goût habituel. Il approche de sa destination.

 

Il se laisse lentement glisser le long d’une liane, évitant d’être trop près de la structure et des branches pour ne pas se blesser. Au-dessus de lui, les mouettes hurlent, les corbeaux se rassemblent, ses frères commencent à pousser leurs cris et à chercher à manger. Ils trouveront : il s’en est assuré. La forêt a besoin d’eux.

 

Zigzaguant entre les carcasses d’arbre, d’animaux et d’autres choses inconnues, il parvient enfin à la mer, à cette étendue bleu azur magnifique. Le soleil s’y reflète, formant un paysage merveilleux. Qu’il est bon de vivre ici.

Il ne stoppe cependant pas sa course et embraye sur le long chemin mêlé de structure, d’arbre, de branches et de feuilles mortes qui se lance sur la mer, lui permettant d’accéder à son but. Il ne peut manquer son rendez-vous.

Il doit aller montrer son respect et celui de toute la forêt à Mère.

 

La course dure, il sent le regard sur lui des habitants, qui attendent et craignent que leur messager ne soit pas bien reçu par Mère ; il sait qu’ils sont dans l’erreur. Sa colère est terminée, la journée sera belle et sera leur. Elle sera sienne.

 

Derrière elle il arrive.

Il lui tourne autour pour parvenir devant son visage magnifique. Malgré les années, malgré ses colères, elle n’a pas changé et offre encore une expression douce et chaleureuse. Elle est merveilleuse et si imposante ! Comme à chaque fois, il se sent minuscule devant elle, devant sa taille, devant sa majesté.

 

Comme d’habitude, il s’agenouille, baisse la tête et entonne les paroles sacrées. Le chant que les habitants connaissent, respectent et craignent. Le chant des enfants demandant pardon.

Comme d’habitude, il attend longuement que ses paroles montent aux oreilles de Mère, ornées de sa couronne sublime.

Comme d’habitude, il croit en elle, en lui mais craint quand même que sa colère ne soit pas éteinte. Son cœur se serre à cause de l’attente.

 

Comme d’habitude, il est rassuré : Mère a pardonné. Mère les aime. Mère l’aime.

 

Lentement, il relève la tête et lui sourit, pose à nouveau ses yeux sur sa robe éclatante, son visage doux et serein, la tablette qu’elle tient et qui renferme les secrets de l’univers, la torche qu’elle lève au ciel et qu’elle allumera au moment du Grand Pardon. Elle est sublime, barrant le passage à la mer et protégeant les habitants de la forêt, veillant sur eux et elle, les empêchant de se faire mal dans les arbres, ces énormes structures de bois, de feuilles, de béton et de métal.

Il ne sait pas d’où viennent les arbres, les structures et pourquoi il est le seul de sa race. Il pense qu’il est le dernier, celui que Mère a choisi de garder ou de créer pour assurer la paix dans sa forêt. Et c’est avec plaisir qu’il accepte cette mission : protéger les autres. Protéger la forêt. Protéger celle qu’on appelle « Nw Yrk », selon les étranges inscriptions qu’il a trouvées dans la forêt.

 

Il est peut-être le seul.

Il est peut-être le dernier.

Il sera le meilleur.

Commenter cet article

Julie 11/04/2011 14:18


C'est un texte assez... surprenant.
Arrivée au milieu de ma lecture, je me suis demandé à quoi tu jouais. D'habitude, dès les premières lignes, tu as déjà annoncé la fin du monde, la mort pour tous les hommes, dans d'atroces
souffrances... Mais là, non.
On croirait juste lire un chapitre de Tarzan... Banal.
Jusqu'à ces dernières lignes, où on comprend (enfin, où j'ai compris...) qu'en fait, c'était bien toi qui avais écrit tout ça, et que si tu n'avais pas parlé de destruction, c'était parce que
c'était déjà passé...

Ce n'est pas un de mes préférés, mais ce petit changement de style surprend, et amène un peu de fraicheur dans ce que tu écris d'habitude.
Donc j'aime bien :)
Même si ça manque un peu de sang, de souffrance et de troubles psychologiques... (Mais ne va pas croire que je réduis tes textes uniquement à ça ^^)


BenT 15/04/2011 21:07



Et dire que je pensais qu'on me préférait quand je n'étais pas gore... tu veux vraiment le retour du sang et des tripes ?



Benjamin Thomas 22/01/2011 13:21


Pour une fois, je ne voulais pas perdre le lecteur mais lui donner des indices et lui confirmer sa théorie. On m'a indiqué que mes précédentes nouvelles pouvaient être trop complexes et peu
claires, j'essaye de changer ça.


Romain 22/01/2011 11:18


Bien aimé ce texte, qui m'a bien trompé au début. C'est à force de voir des répétitions de "structures" que j'ai compris que tu ne pouvais pas parler d'arbres (et donc qu'il s'agissait de
bâtiments. Je suis trop fort).
Peut-être changer en "montagne" en soulignant leur régularité. Cela brouillerait un peu plus les pistes ;)