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Apocalypse, please ! Chapitre 4

Publié le par BenT

Bonjour à tous.

 

Après plusieurs semaines et mois de retard, Emmessem et moi vous proposons enfin la quatrième et dernière partie du crossover entre Drak Béryl et Lord Corlatius.

Vous pouvez retrouver les teasers et chapitres précédents ici, mais un petit retour en arrière ne fera certainement pas de mal.

 

Drak Béryl est un personnage créé par Emmessem il y a des années. Ryumaru, jeune franco-japonais, vit dans un univers différent du nôtre, où l'Europe et l'Asie ont fusionné pour devenir United Stages of Eurasia. Habitant Europazia, anciennement dénommée Lille, il tente de vivre dans un contexte compliqué, alternant entre une vie de jeune adulte complexe et des responsabilités de héros sous le costume de Drak Béryl, samouraï doté d'étonnantes capacités sur le feu.

Lord Corlatius est un personnage créé par moi-même il y a quelques années qui bénéficie d'une origine compliquée. Après plusieurs balbutiements, je me suis concentré sur un concept que je transpose depuis peu sur différentes formes. Basiquement, Corlatius est un voyageur dimensionnel qui a la capacité de sauter de corps en corps, possédant d'énormes pouvoirs : vol, force, rapidité, téléportation et voyage entre les dimensions. Cependant, il ne peut rester que 48 heures dans chaque corps, sous peine de condamner définitivement son hôte à l'assimilation.

 

Récemment, Lord Corlatius est arrivé dans l'univers de Drak Béryl pour empêcher l'invasion de l'Anté-Monde, une dimension placée entre les univers parallèles. Peuplée de créatures de cauchemar, ayant inspirées son bestiaire à H.P. Lovecraft, elles tentent une première attaque dans Europazia. Repoussées par Drak Béryl et Lord Corlatius, contrôlant le corps de Sébastien, possible colocataire de Ryumaru, elles se retirent pour préparer le deuxième round.

Lord Corlatius informe Drak Béryl de l'existence de Cordouan, une île sous-marine refaisant surface suite à des mouvements tectoniques. Cordouan est une des nombreuses portes d'entrée dimensionnelles de l'Anté-Monde, et tous deux se dirigent alors vers elle pour la fermer.

Arrivant sur place, Drak Béryl est accueilli par une foule terrifiée qui voit en lui le héros pouvant les sauver. Lui et Lord Corlatius arrivent ensuite à Cordouan... et voici la suite !

 

 

Chapitre 4 : This Means War.

Cordouan, 19h17.

 

« Cor… Corlatius… ? », bégaya une voix fatiguée et pâteuse.

Les paupières de Ryumaru se relevaient difficilement, recouvertes de gravats, de poussière et… de sang. Tout son corps était douloureux, chacun de ses gestes semblait plus violent, plus difficile que d’habitude. Ses mains tremblaient, ses jambes refusaient ses ordres et il avait un point immense sur la poitrine.

 

« Corlatius ? », reprit-il sur un ton légèrement plus appuyé.

Alors que les secondes passaient, le jeune homme reprenait conscience et découvrait la situation. Sur son torse était plaqué plusieurs amas de roche sombre, si noire qu’elle semblait sortie d’un tableau terrifiant ou maléfique. Son costume était en lambeaux : hormis son masque, dont toute la partie gauche avait été rapiécée, quasiment tout le vêtement était déchiré, arraché. Des dizaines de bleus recouvraient son corps, des dizaines de plaies le faisaient souffrir et il sentait une terrible douleur dans le bas du dos. Chaque geste était une torture.

 

« Corlatius ?! », hurla-t-il malgré sa voix brisée.

Avec les forces qui lui restaient, Ryumaru chassa les roches noires et terrifiantes de son corps, et rampa sur le côté pour se dégager entièrement. En jetant un regard derrière lui, il découvrit que son dos avait été griffé par des… lames ? Non, des bouts de lame. D’une épée, qui avait été brisée et qui lui avait ravagé le corps lorsqu’il était tombé dessus.

Cependant, comment s’était-il retrouvé à chuter sur une lame brisée ? Que s’était-il passé ? Et à qui appartenait cette lame ?

 

« CORLA… », cria-t-il encore plus fort avant de s’arrêter.

Ses yeux venaient de retrouver toutes leurs facultés : il pouvait voir entièrement la zone autour de lui – et il venait de se souvenir à qui appartenait l’épée. Et ce qu’il s’était passé.

 

« Par mes ancêtres… », murmura-t-il en sentant l’enfer s’ouvrir sous ses pieds – et c’était ce qui était arrivé, hélas.

L’épée était celle de Corlatius, qu’il avait récupéré sur le continent avant de prendre le bateau, le petit véhicule rapide qui leur avait permis de rejoindre discrètement Cordouan. Une île étrange, issue des profondeurs de l’océan et qui disparaissait et réapparaissait au gré des bouleversements marins – et surnaturels.

 

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Cordouan, l'île maléfique. Source : http://www.mattepaintinguk.com/gallery/kryptonite-island-rises-up


Rares étaient ceux qui le savaient, mais Cordouan était en réalité un indicateur de l’état d’avancée de l’invasion sur Terre de l’Anté-Monde, une dimension parallèle peuplée de monstres terrifiants ayant inspirés le bestiaire de H.P. Lovecraft. Et le jeune franco-japonais faisait malheureusement partie des informés, maintenant… et devait en profiter pour sauver la planète ; ça ne fonctionnait pas bien, pour le moment.

 

Alors qu’il se relevait difficilement, que ses genoux et ses jambes le faisaient affreusement souffrir, les souvenirs affluaient – péniblement.

 

Corlatius et lui avaient quitté la Gironde et le continent à bord d’un petit bateau rapide, subtilisé discrètement à un propriétaire qui avait de toute façon déjà quitté la région. Même si les créatures n’avaient pas encore attaqué toute la planète, la population locale avait eu vent des drames d’Europazia et elle avait découvert avec terreur Cordouan, bien différente de ses autres apparitions.

Désormais recouverte de roches noires, surmontée d’énormes nuages sombres et terrifiants, elle dégageait une ambiance, une atmosphère dérangeantes – dégoûtantes. Naturellement, les gens en avaient peur et voulaient la fuir ; évidemment, Ryumaru et Corlatius avaient foncés tête baissée dans cet enfer. 

 

En s’avançant douloureusement sur la plateforme rocheuse sur laquelle il se trouvait, le jeune héros se rappelait de l’échec cuisant qu’ils avaient subi en tentant de stopper l’invasion de l’Anté-Monde.

Des Tourmenteurs, des Bulles Ocres et des dizaines de Liktalzzz avaient fondu sur eux. Du ciel, de l’eau et de la terre étaient sortis des monstres cauchemardesques, que même les talents combinés de Drak Béryl et de Corlatius n’avaient réussi à stopper.

 

Ces instants étaient beaucoup plus flous, en réalité. Alors que Ryumaru tentait de gravir un énorme rocher pour découvrir le reste de l’île et voir où en était l’invasion, il avait du mal à se souvenir réellement de ce qu’il s’était passé. Tout avait été rapide, violent et… vain.

 

Même si Drak Béryl avait déchaîné ses capacités, même s’il avait été plus rapide, plus dur, plus efficace que jamais, il n’avait pas réussi à l’emporter. Corlatius lui-même avait tout tenté : en volant, en frappant, en brisant, il avait fait montre de pouvoirs exceptionnels, que le jeune héros n’avait jamais imaginé chez lui. A certains moments, le voyageur dimensionnel avait même semblé si puissant, si rapide que rien ne pouvait le toucher ou l’arrêter – et Ryumaru n’avait pas eu honte d’admettre qu’il avait eu peur de ce que son allié pouvait faire en se déchaînant autant.

 

Cependant, étonnamment, Corlatius avait lâché prise : soudainement, il avait ralenti sa vitesse, baissé la puissance de ses coups, laissé aller… et avait été vaincu.

Touché en premier, tabassé même par des Tourmenteurs, il avait failli être sauvé par le jeune franco-japonais qui s’était emparé de l’épée du voyageur dimensionnel, mais plusieurs Bulles Ocres s’étaient réunies pour exploser juste devant lui. Propulsé au loin par le souffle et le choc, il s’était retrouvé sur cette portion de Cordouan – et tout prenait sens.

 

Ils avaient échoué. Ils avaient tenté, mais ils avaient entièrement foiré.

Où était Corlatius ? Où en était l’invasion ? Et… avaient-ils encore une chance ? Est-ce que tout était déjà fini ?

 

Alors qu’il parvenait au sommet du rocher qu’il avait gravi avec difficulté, Ryumaru découvrit… un cauchemar.

Des milliers de Tourmenteurs, de Liktalzzz, de Bulles Ocres étaient rassemblés. Des milliers d’autres créatures de malheur évoluaient autour d’eux, et tous faisaient face à un… monstre. Il semblait n’y avoir pas d’autre mot pour définir l’énorme amas de chair beige informe, recouverte de pustules vertes, de tentacules jaunâtres, d’yeux globuleux rouges et d’autres éléments qu’il ne parvenait même pas à observer.

 

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Une créature de l'Anté-Monde.

 

Le jeune franco-japonais n’eut même pas honte de vomir en découvrant cette vision de terreur. L’invasion était prête, et tous semblaient être décidés à marcher enfin sur la Terre qu’ils attendaient depuis si longtemps. Leurs bruits, leurs paroles, leurs odeurs étaient dégoûtants – et il avait peur.

 

Il était seul, face à la multitude – face à l’enfer.

Il était seul face au Mal.

 

« Qui… qui êtes-vous… ? », murmura sur le côté une voix faible.

Immédiatement, Ryumaru se tourna, prêt à se défendre même s’il se sentait incapable de se battre à nouveau. Il relâcha immédiatement la pression de ses poings en découvrant la silhouette étonnamment frêle de Corlatius… enfin, de son ami Sébastien actuellement possédé par le voyageur dimensionnel.

 

« Corlatius ? Vous êtes vivant ? », fit le jeune héros qui sentait soudainement l’espoir revenir enfin.

« Corla… tius ? C’est qui ? Et… merde, cette voix… Ryu ? C’est toi ? », murmura encore le nouvel arrivant, qui n’avait ni chapeau, ni lunettes et n’avait plus grand-chose du voyageur dimensionnel.

« Sé… Sébastien ? C’est… toi ? », demanda, choqué, le jeune homme.

« Euh… oui… je suis Sébastien… Ryumaru ? C’est toi dans le costume ? », fit un jeune homme stupéfait et blessé, qui semblait être totalement perdu par tout ce qu’il se passait. Ses vêtements étaient également rapiécés, comme toute une partie du masque de Drak Béryl – d’où sa déduction de l’identité du héros – et plusieurs plaies étaient également présentes sur tout son corps. Il était terrifié, ça se sentait clairement.

« Je… par mes ancêtres, il… Corlatius… il n’est plus là… »

 

Le jeune franco-japonais avait compris vite : Sébastien était de retour dans son corps, parce que Corlatius l’avait quitté. Comment ? pourquoi ? Il n’en savait rien, mais il était encore plus terrifié. Sans le voyageur dimensionnel, il n’avait aucune chance de vaincre, mais si celui-ci avait été extrait ou tué du corps de son ami – ça voulait dire que leurs ennemis étaient beaucoup trop forts pour lui.

Tout espoir était mort. La planète était morte. Ils n’avaient aucune chance.

 

« Oh putain ! C’est quoi ce truc ? C’est quoi ce truc ?! », hurla un Sébastien terrifié en pointant du doigt quelque chose derrière Ryumaru. Avant même de se retourner, l’intéressé savait ce qu’il se passait. L’ennemi les avait découvert et passait à l’attaque.

C’était fini – tout était fini. Mieux valait tout abandonner, et se laisser faire. Ce serait plus rapide, ce serait…

 

Stupide.

Quoi ? C’était quoi, ça ?

C’était moi.

Qui ça, moi ? Merde, c’est quoi cette voix dans ma tête ?

A ton avis, champion ?

Cor… Corlatius ? Vous… vous êtes en moi ?

Et oui, gamin. Et je crois qu’il est temps de lâcher ton potentiel, ou bien ton pote et toi ne serez bientôt plus que des sex-toys pour Liktalzzz – et crois-moi, mieux vaut éviter.

Je… qu’est-ce que je dois faire ? Qu’est-ce que je dois faire ?!

Inspire un grand coup, ferme les yeux et lâche tout. Je te guiderai. Laisse sortir la Bête en toi, gamin. Tu n’as de toute façon plus rien à perdre.

 

Instinctivement, le jeune homme ferma les yeux et se retourna. Il ne pouvait pas distinguer visuellement la créature, il pouvait juste sentir son odeur et l’entendre, son esprit la décrivait comme une abomination, la pire de toutes les choses du Multiverse. Mais la peur avait disparu tout comme le désespoir au moment même où Corlatius était entré dans son corps.

Le courage, la bravoure et d’autres sentiments glorieux ne les avaient pas remplacés pour autant ; sa terreur avait disparu pour laisser place à une confiance en soi, une arrogance surdéveloppée. Il n’avait plus peur car il savait comment les battre : c’était aussi simple que ça. 

 

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Un long soupire. Une pensée à j’aurais mis « pour » Sébastien qui se trouvait derrière lui. Drak Béryl sentait toute son énergie le parcourir. Pour la première fois depuis qu’il avait récupéré ce foutu sabre, pour la première fois depuis qu’il avait craché du feu et compris que quand les autres lui disaient que son humour n’était pas humain, il se sentait lui-même.

Et dans un second soupire, cette fois beaucoup plus puissant, il poussa, souffla et finalement lâcha… une énorme déflagration qui en à peine 5 secondes réduisit en poussière le Liktalzzz !

 

C’est… wow, c’est fascinant…

Mais c’est aussi la plus grosse de toutes les flammes que tu aies un jour fait jaillir.

En même temps, c’est pas tous les jours que je suis pénétré par une entité à la puissance incommensurable ! Enfin, si j’peux me permettre…

Exact, et tu peux. Tu n’as encore rien vu, gamin.

 

Un sourire se dessina derrière le masque déchiré du héros. Son arrogance, il la tenait du Lord, en partageant son esprit, il partageait ses pensées, sa façon de parler et d’agir ainsi que ses souvenirs…

Et là, comme une branche se brisant à cause du vent, le sourire disparut.

 

Fini de jouer Corlatius, je sais qu’on peut aller plus loin mais je ne marche plus dans tous les sens du terme jusqu’à ce que tu m’expliques ton lien avec les Liktalzzz.

Je te l’ai déjà dit, non ?

Ne me mens pas, je suis dans ta tête.

Tu l’auras voulu, gamin.

 

Et là, les images se formèrent dans l’esprit du franco-japonais qui vit les scènes de vie de son « colocataire d’esprit » défiler devant ses yeux, il avait presque la sensation d’être présent, de les vivre lui-même. Il aurait été persuadé si la voix de son « ami » ne résonnait pas dans sa tête.

 

Je t’ai ouvert les portes de mon subconscient. Tu me remercieras si tu y survis.

 

Le jeune homme assista alors impuissant à des choses qui s’étaient déjà produites mais surtout des choses horribles que même son esprit – l’esprit le plus tordu d’Europazia, à sa connaissance – n’aurait pu imaginer.

 

Tu…Vous…

Reste calme.

Tu es l’un d’entre eux ?!

Oui.

 

Le héros fut soudain prit d’une étrange sensation de malaise.

Depuis le début il s’en doutait mais l’apprendre dans de telles circonstances et en ayant la capacité de voir la véritable forme de Corlatius, ça le traumatisait. Son propre esprit était paralysé, incapable de bouger, de dire ou de penser quoi que ce soit.

 

Et ils m’ont banni, me condamnant à une vie d’âme errante, au sens propre du terme.

Ne dis rien ! La ferme !

 

La force lui était revenue, l’espace d’un instant.

 

Ces choses sont les pires créatures de tout le Multiverse et ils t’ont banni ?! Tu n’agis donc pas par justice mais juste par vengeance. Est-ce que ça veut dire que tu es pire qu’eux ?!

 

Corlatius ne répondit pas.

Ce gamin, pas plus grand que son dernier compagnon et avec une expérience beaucoup plus faible que la sienne, avait raison. Il commençait à le connaitre aussi bien que lui-même ; le fait de voyager ensemble et de partager le même corps devait sûrement aider.

 

C’est pas l’heure, petit.

 

Voilà tout ce que le Lord avait trouvé à dire tout en fermant les portes de son subconscient, faisant revenir Ryumaru à la réalité. Encore une fois, le partage du corps influençait le fait qu’il utilise des répliques cultes des séries de science-fiction que cet Eurasien admirait. En parlant de l’Eurasien, il était à genou et souffrait le martyr avait mal partout, ses yeux lui piquaient et il se retenait de cracher du sang.

 

Je t’avais prévenu. Effet secondaire de la libération de mon subconscient.

 

En ajoutant à ça les dégâts corporels et psychologiques causés par les créatures ayant inspiré Lovecraft ainsi que les découvertes troublantes qu’il avait faites, le jeune homme ne pouvait nécessairement pas se sentir bien.

 

Allez debout soldat, je t’ai montré ce que tu voulais. Maintenant on a un univers à sauver.

Attends, une dernière chose.

Quoi encore ? Non, ne dis rien, je lis dans tes pensées.

 

Le regard de Drak Béryl - et par conséquent celui de Corlatius – se tourna vers Sebastien. La réponse de l’être venu d’une autre dimension n’allait pas forcément plaire au jeune homme mais c’était soit ça…

 

Soit on le laisse là ?

Exactement. Emmenons-le avec nous. Ca ne durera plus longtemps maintenant que j’ai découvert comment fonctionnait ton potentiel. Et avec toi, il sera…

Plus en sécurité.

Tout à fait. On dirait que tu lis dans mes pensées.

 

Le héros, sans parler pour éviter que sa voix confirme son identité à Sebastien, lui fit signe de le suivre tout en restant à distance pour éviter d’être blessé, ce qui est en soit très compliqué à expliquer par un simple signe. Les deux jeunes hommes avancèrent, l’un inquiet et l’autre rempli d’une foi inébranlable en ses capacités, pour la première fois depuis son retour à Europazia, finalement.

 

Les trois âmes ne tardèrent pas à faire face au « nid » des Liktalzzz, l’horreur, la peur « personnifiée », l’enfer sur Terre. Les plus grands héros de la Terre et plus encore auraient reculé mais Ryumaru n’était pas de ceux-là.

Après tout, ces créatures étaient celles qui avaient manqué de le tuer, lui et son/ses ami(s) et même si ce n’était peut être pas les mêmes qui avaient ravagé SA ville, c’étaient leurs semblables. Rien que pour ça elles méritaient de mourir.

 

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Source : http://www.comicbookreligion.com/?s=8420

 

Tu sais qu’en raisonnant comme ça, tu vas devenir pire que moi ?

Je fais pas ça tous les jours.

Brave petit.

 

Le samouraï vert et orange se jeta alors au centre de ce camp de destructeurs d’univers, plantant son sabre pour atterrir de la façon la plus cool possible. Evidemment, son arrivée fut remarquée : des dizaines, des centaines d’yeux globuleux et terrifiants se portèrent sur lui, surpris et déconcentrés dans leur préparation de l’invasion à venir.

Et puis, évidemment, tous réagirent et les premiers se jetèrent sur lui.

 

Le regard perçant, il esquiva une créature qui tentait de le dévorer. Habituellement il n’aurait pas été capable de ce genre de mouvement mais n’oublions pas que c’est le Lord lui-même qui le contrôlait.

Et maintenant il allait lâcher son arme secrète, la chose la plus puissante de l’univers relâchée par le corps du héros, par des...des claquements doigts faisant apparaitre des flammes tout autour des monstres ?

 

 


 

 


C’est ça ton plan de génie ?!

Non, c’est l’intro musicale.

C’est-à-dire ?

Hell’s Bells, AC/DC. Ca te dit rien ? Les jeunes de maintenant, aucune culture…

 

Même si la référence échappait au jeune homme, ça fonctionnait bien. Ces choses…avaient peur du feu et tentaient de s’en éloigner. Une nouvelle attaque venant du dessus, encore une fois Béryl l’esquiva, tenant fermement son sabre dans la main gauche.

 

Proclame une victoire éternelle, viens et change le cours de l’Histoire. Et sors-nous de là.

 

Ryumaru affichait un large sourire au centre de cette armée de créatures. Il ne pensait pas pouvoir gagner, il savait qu’il sortirait vainqueur de cette bataille car il n’était plus juste le Drak Béryl, de même que le Lord Corlatius n’était plus véritablement lui-même. Ils étaient en parfaite symbiose, partageant un même corps et une pensée unique : la Victoire. Ils étaient devenus la chose la plus puissante du Multivers : le Drak Corlatius.

Même si le voyageur dimensionnel s’en voulut d’avoir pensé à un tel concept en même temps que le gamin. Celui-ci avait trop regardé les Power Rangers, ça les infectait tous les deux. Foutu MegaZord.

 

« Alors, c’est part! »

 

Sur ces mots, des flammes commencèrent à sortir des bras du Dragon, puis de ses jambes, puis de toutes les autres parties de son corps jusqu’à devenir lui-même un être de feu. La sensation qu’il ressentit à ce moment précis était incomparable à n’importe quelle autre, il avait atteint la plénitude, une plénitude basée sur la rage et engendrant la destruction. Le véritable potentiel du Drak Corlatius venait d’être libéré et cette déflagration était comparable à une supernova.

 

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Source : http://danslemondemerveilleuxdelane.blogspot.com/

 

Les Liktalzzz les plus courageux tentèrent de s’avancer mais furent carbonisés dès le premier contact tandis que leurs congénères fuyaient. Leur défaite était imminente, inévitable et ils venaient de le comprendre. Une nouvelle île surgissant de nulle part allait apparaitre dans une autre dimension, c’était leur porte de sortie, ils n’avaient qu’à passer la brèche pour éviter brûler dans cet enfer sur Terre déchainé par leur pire ennemi et son « compagnon ».

 

Dans le subconscient de Nogard, alors que la déflagration repoussant les monstres était de plus en plus forte, ce dernier fit face à un Drak Béryl portant un Stetsone et une longue veste noire.

 

« Il y a deux moi ?! s’exclama le jeune homme, surpris.

Non, je suis Corlatius, seulement avoir le même costume que toi me semblait plus pratique.

Pourquoi ne pas montrer ton véritable visage ?

On me l’a pris, comme tout le reste quand…j’ai été banni. avoua difficilement le Lord. Mais le plus important c’est que je peux te retourner la question.

Comment ?

Je suis dans ta tête, on est dans ta tête. Et tu portes ton costume.

Et alors ?

Laisse moi finir ! Le plus intriguant c’est qu’il y a des tas de choses dans ta tête, des souvenirs de tes amis, de tes ennemis, de ton père, de ta mère…Certaines choses reviennent plus que d’autres, j’ai même vu un chauve hurlant « Régis-Robert ! » et pourtant, je n’ai pas vu une seule trace de toi en civil, Drak Béryl est omniprésent dans tes pensées. Et si le véritable masque c’était ton visage, tu y as déjà pensé, héros ?

 

Le ton de Corlatius était grave et résonnait comme un avertissement. Ryumaru ne répondit rien, sachant pertinemment que l’autre avait raison de toute façon. Ce n’était pas le premier « héros » que le Lord rencontrait mais jamais il n’en n’avait jamais vu d’autant impliqué. D’ailleurs c’était sans doute pour cette même implication que le jeune homme était un geek une fois privé de son costume : ce besoin de se plonger dans des histoires où le sort du monde et de l’univers était en jeu et parfois se mettre dans le rôle du « sauveur » sur console. Mais là, c’était la vraie vie et là il était réellement en train de sauver une dimension. Comme pour faire partir le silence tombé après la question gênante de Corlatius, il demanda naïvement :

 

Et…pourquoi on est dans ma tête ?

De « Drak Corlatius », ton corps est passé à la supernova, faisant de lui une conscience pure, tout ce qui se trouve à l’intérieur se réfugie ici, dans ton subconscient. Par contre, on peut quand même voir ce qui se passe à l’extérieur.

 

Corlatius claqua des doigts pour faire apparaitre le champ de bataille autour des d’eux. Le feu, les créatures apeurées, fuyantes, agonisantes, c’était…Impressionnant.

 

Fascinant ! On se croirait dans le final d’un manga ou…

C’est bien mieux que ça, gamin. C’est l’Apocalypse ! 

 

Les deux sauveurs de cet univers affichaient le même sourire, on aurait pu croire qu’ils se connaissaient depuis des dizaines d’années. Mais le sourire du Lord s’effaça peu à peu alors qu’il posait sa main sur l’épaule de Ryumaru.

 

On a gagné, petit. C’est l’heure de se dire au revoir.

Pourquoi ?

Les Liktalzzz fuient dans d’autres lieux, je me dois de les poursuivre, sinon….Disons que je sais bien de quoi ils sont capables…

Evidemment. Et…

Non, je ne peux pas te proposer de venir avec moi. J’aimerais beaucoup mais ce serait égoïste. On ferait une super équipe mais tu as un univers à protéger. Et Sébastien. D’ailleurs, de peur et de fatigue, il s’est évanoui, il ne devrait pas se rappeler de qui tu es vraiment. Ou je l’espère pour toi.

Tu as vu des choses particulières dans sa tête ?

Disons que…Non. »

 

La supernova était terminée, Ryumaru ouvrit les yeux, presque nu sur l’île, son costume était en lambeaux et lui haletait alors qu’autour de lui il n’y avait que le chaos, la désolation et des restes de créatures.

 

Il est parti ?

Toujours pas. J’ai un dernier avertissement pour toi.

Encore ?

L’arrivée comme la fuite de mes semblables causent des brèches dans chacun des univers, j’ai pour habitude de les refermer mais ton univers est particulier…J’ai énormément de mal. Ta dimension restera éternellement fragile.

De toute façon c’est pas tous les jours qu’on rencontre de menaces d’ordre multiversel ?

Bien sûr que non. Mais prends garde. A ça et à beaucoup d’autres choses...Bref, il est temps que j’y aille si je veux les rattraper. Je t’offrirais un cadeau en partant, il ne faut pas que les autorités viennent te récupérer. Au revoir, Drak Béryl, ce fut un honneur pour moi de te rencontrer, j’espère sincèrement que nos chemins se recroiseront, dans d’autres circonstances.

 

« Moi de même, Corlatius. »

 

Le temps qu’il prononce cette phrase, Ryumaru s’était retrouvé téléporté – portant Sébastien – dans son appartement à Europazia. Comme si tout ça n’avait été qu’un rêve. Mais les blessures et le fait qu’il soit nu prouvaient que ça ne l’étaient pas et les journaux du lendemain attesteraient que « Drak Béryl et l’homme au Stetsone ont boycotté l’Apocalypse », reste à savoir maintenant qu’est-ce que l’avenir réserverait au franco-japonais, à son ami et surtout qu’est-ce que deviendrait Corlatius ?

 

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