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Captain Swing et les pirates électriques de Cindery Island - La bibliothèque de Ben Wawe

Publié le par BenT

 

Bonjour à tous.

 

De retour de vacances, j'ai eu l'occasion de lire quelques beaux livres et quelques bonnes histoires. On commence alors avec...

 

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Nom : Captain Swing et les pirates électriques de Cindery Island.

Auteur(s) : Warren Ellis (scénario), Raulo Caceres (dessins), Digikoke (couleurs), Ariana Osborne (design).

Maison d'édition : Milady.

Année de publication : 2012.

Personnages principaux : Captain Swing, Spring-Heeled Jack, Charlie Gravel, Jonathan Rheinhardt, Polly, Brock.

 


Résumé général : Londres, 1830. Le jeune flic Charlie Gravel ne cesse d'être témoin de choses qu'il ne devrait pas voir : un navire volant, des pirates armés d'étranges artefacts électriques... et un capitaine qui nargue la police. Un révolutionnaire qui défie la loi pour remettre au peuple la science et ses miracles et les libérer du joug des puissants. Dans les rues, on murmure le nom de Spring-Heeled Jack...

Mais il préfère qu'on l'appelle Captain Swing.

Voici son histoire.


Mon avis : Depuis quelques années, l'éditeur Milady s'est spécialisé dans la publication de comics de Warren Ellis chez l'éditeur américain Avatar. Après le succès de Black Summer, No Hero, Supergod et Wolfskin ont suivi, en plus de titres issus du catalogue d'Avatar, comme entre autres Crossed et sa suite. Milady a donc poursui dans cette voie de produits indépendants, généralement liés à des thèmes populaires (super-héros borderline, heroic-fantasy, pseudos zombies), en proposant une nouvelle production de Warren Ellis.

 

Avec une promotion importante, basée notamment sur un journal "d'époque" distribué en librairie et mettant en avant l'auteur, Ellis, ses productions et les bonnes critiques de Captain Swing, Avatar veut à nouveau faire un hit d'un comics d'Ellis qui est dans ses thèmes connus et reconnus.

Après les surhumains torturés perdant leur humanité (ou la recherchant), Ellis s'amuse avec le steampunk, la science qui va plus vite que la société et les manipulations politiques et sociales pour les empêcher d'être distribuées au peuple.

 

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Charlie Gravel et le vaisseau électrique.

 

Sur le fond, Captain Swing est extrêmement attirant car il mêle différents genres appréciés par Ellis et surtout lui permet de dresser des portraits de grandes gueules, bâtards, manipulateurs et enfoirés comme il adore le faire. La majorité des lecteurs de comics se souviennent ainsi de Jenny Sparks, Elijah Snow, Pete Wisdom et bien d'autres (généralement tous dérivés de leur "père", John Constantine, qu'Ellis a eu l'occasion d'écrire pour quelques numéros avant de claquer la porte pour une sombre affaire de censure).

Malheureusement, Ellis offre avec cet opus une histoire semi-ratée, notamment pour la petite déception que la lecture du livre m'a laissé.

 

En effet, si l'auteur s'amuse clairement avec ses références culturelles (Captain Swing a été la signature de révoltés sociaux dans l'Angleterre rurale des années 1830), scientifiques (sur l'électricité et son développement précoce, bien avant Tesla et Edison), politiques (la gestion de la police à Londres entre deux factions opposées) et sociales (le traitement des petites gens), et s'il parvient à former une jolie galerie de portraits, la fin offre une chute brutale qui m'a déçu.

 

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Captain Swing et ses étonnantes machines, Charlie Gravel et Brock.

 

Le personnage de Captain Swing est passionnant, ses alliés sont très intéressants, Cindery Island est un super concept, Charlie Gravel lui-même est un très bel outil pour faire découvrir cet univers et permettre d'interroger clairement le scientifique, et les deux opposants principaux (physique et politique) sont bien écrits ; malheureusement, la fin de cet opus me donne l'impression d'être la fin d'un prologue à une plus grande histoire - et il n'y aura pas de suite !

 

Ellis offre une vision uchronique des événements sociaux anglais de 1830, et il est logique qu'il n'aille pas plus loin en faisant un prélude à ces événements et aux lettres des révoltés. Malheureusement, si j'adore clairement cette idée de reprendre des éléments historiques pour les expliquer avec sa version, j'aime lire des histoires qui ont un début, un milieu et une fin d'égale d'importance et d'égale qualité.

Là, ici, le début est bon, le milieu est très bon mais la fin n'en est pas une et c'est très dommage.

 

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Une jolie image en noir et blanc de Captain Swing s'échappant dans les airs avec son radeau électrique.

 

Evidemment, Ellis demeure un des meilleurs scénaristes actuels et son récit est solide, et bien écrit ; je critique cependant son rythme et sa volonté de ne pas en dire assez. J'adore quand un auteur intègre le lecteur dans l'histoire en lui donnant des clés pour interpréter une fin ouverte, mais là il n'y avait même pas assez d'éléments. Ellis ne "finit" rien, il laisse tout en place comme s'il voulait revenir jouer plus tard avec ces éléments - et ça a gêné ma lecture.

 

Après, Caceres a un graphisme chargé et sombre, très noir, très travaillé, qui rappelle du Ryp (Black Summer, No Hero) mais en moins appliqué, en moins clair et en moins talentueux, tout simplement. Les designs en eux-mêmes sont bien réalisés et intéressants, dans une veine steampunk classique mais efficace.

C'est solide, mais c'est trop chargé et un peu lourd. Il aurait été intéressant de voir plus de moments en journée et moins d'événements de nuit, pour alterner un peu et rendre la lecture plus plaisante.

 

Finalement, Captain Swing et les pirates électriques de Cindery Island est une bonne histoire, pleine de références (techniques, sociales, culturelles, politiques, etc.), de très bonnes idées (le vaisseau volant, Captain Swing, le passage de témoin, etc.), de bons retournements de situation (l'identité finale de Captain Swing), mais qui pèche clairement par une fin qui laisse sur ma faim (ahah !) et un rythme un peu moyen.

Dommage, Ellis sur du steampunk politique et social me faisait clairement envie, mais il n'y a pas mis le talent et la vista que j'ai pu retrouver sur d'autres productions géniales de l'auteur.

 

Captain Swing demeure un bon comics, mais loin d'être le hit que j'espérais (et qu'on nous vend).

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