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Moriarty : The Dark Chamber - La bibliothèque de Ben Wawe

Publié le par BenT

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Nom : Moriarty : The Dark Chamber.

Auteur(s) : Daniel Corey (scénariste), Anthony Diecidue (dessinateur), Dave Lanphear (lettreur et designer), Perry Freeze (coloriste).

Maison d'édition : Image Comics.

Année de publication : 2011.

Personnages principaux : Professeur James Moriarty, Jade, Tartarus, Mycroft Holmes, Docteur Watson, Sons of Chaos.

Résumé général : A l'aube de la première guerre mondiale, le Professeur Moriarty se fait passer pour mort et continue de survivre, à peine, sous l'identité de Trumbold. A la fois businessman dans l'import/export et vague enquêteur irrégulier dans le monde criminel, il a perdu toute envie et tout intérêt pour la vie depuis la mort de son grand adversaire, vingt ans plus tôt.
Cependant, quand le MI 5 lui demande d'enquêter sur la disparition de Mycroft Holmes, Moriarty retrouve ses vieux réflexes et l'adrénaline qui lui manquaient tant. Découvrant un complot complexe liant Mycroft à une société secrète menée par un homme nommé Tartarus et qui veut détruire le monde en usant d'une Chambre Noire, qui dépasse les limites de la science et de la physique, Moriarty va alors devoir lutter pour protéger le monde qu'il hait tant en retrouvant d'anciens amis/ennemis (l'assassin nommée Jade, Mata Hari, le Docteur Watson et tant d'autres).

Mon avis : Attiré par les avis positifs publiés sur Internet sur cette mini-série transformée en série depuis, mais également par mon attrait presque millénaire pour l'univers de Sherlock Holmes, j'ai été charmé par les idées de Corey et le trait sublime de Diecidue.



L'intelligence principale de Corey est de décrire un Moriarty désabusé. Depuis vingt ans, il n'a plus goût à rien et se laisse lentement glisser dans l'abîme de médiocrité qui l'entoure déjà. Corey passe suffisamment de temps à bien mettre en avant le marasme dans lequel le personnage évolue depuis si longtemps, et cela permet amplement de légitimer sa façon de se jeter comme un mort-de-faim sur l'occasion de se relancer dans une intrigue.
Il est en effet intéressant de voir que ce qui permet à Moriarty de redevenir lui-même est d'agir comme Sherlock Holmes l'aurait fait. D'ailleurs, jusqu'à la fin, j'étais persuadé que le Professeur était l'ancien pensionnaire de Baker Street, et qu'il avait été blessé au crâne en Suisse et était désormais persuadé d'être son ennemi. L'ouverture finale de The Dark Chamber est différente mais passionnante également.

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Corey gère ensuite d'une façon efficace son intrigue, donnant une consistance énorme à chacun de ses épisodes. Pas de décompression ici, des numéros denses et rythmés, remplis d'informations, de clins d'oeil et de sous-entendus qui prennent une importance au fil de l'intrigue. L'auteur adopte clairement une narration forte, qui intègre pleinement le lecteur en lui demandant une attention constante ; personnellement, j'adore ça.



L'utilisation de personnages célèbres est excellente, quoiqu'étonnante régulièrement, et l'implication de la Science-Fiction très steampunk est bien fichue. Si l'adversaire est finalement classique, son design et sa façon de se comporter permettent de dépasser cette petite faiblesse. Et puis, il ressemble clairement aux "vilains" des récits classiques de ce genre, ce qui peut légitimer comme un clin d'oeil une éventuelle baisse d'imagination.

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Un récit bien rythmé, donc, une idée de départ excellente, de très bons principes et concepts, des numéros denses, une fin étonnante et qui donne envie d'en voir plus... Corey a réussi son pari. Il s'est de plus associé à l'excellent Diecidue, qui donne un trait sublime à ses planches, pour fournir une atmosphère extraordinaire et très troublante.
Avec un très bon choix de couleurs, une ambiance très étrange (très "verte" en fait), il est pour moi une énorme révélation. J'ai hâte d'en voir plus, même si le deuxième story-arc n'est pas dessiné par lui.

Moriarty : The Dark Chamber est un récit maîtrisé, qui contient plusieurs clins d'oeil mais s'attache surtout à être une bonne histoire. A lire d'urgence pour les fans de Sherlock, et aussi pour ceux qui aiment les comics intelligents et bien fichus.

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Cyril 28/01/2012 03:34

Je ne suis pas d'accord. Le comics est bien sur "Moriarty" et sa psychologie. Il est devenu dans ce récit un personnage à part entière (étant un non-personnage chez Doyle en réalité) et Holmes
n'est pas (vraiment) le sujet.
L'idée qu'il puisse être le détective amoindrit le propos ( selon moi).

BenT 28/01/2012 13:48


Peut-être... j'avoue que ses méthodes, son désespoir, l'abandon de sa vie après 1893 m'y faisaient clairement penser. Après, Moriarty ressemble plus à Holmes qu'avant dans ses méthodes, et est
proche de la version de Robert Downey Jr, d'où ma fausse déduction.


Cyril 27/01/2012 01:56

Je trouve que la série a quelques faiblesses dans la narration (ou alors je suis idiot) mais j'avoue un plaisir certain à lire ce "Moriarty" tous les mois. Le concept de départ est très, très bon
et le personnage finalement sympathique. Son rapport au crime est en fait à peu près le même que celui de Holmes aux enquêtes. Un homme surdoué qui s'ennuie... Un roi sans divertissement...

BenT 27/01/2012 14:07


J'aurais d'ailleurs préféré qu'on découvre à la fin que le personnage principal était Holmes se croyant Moriarty.